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Comment sont fabriquées les baskets UMOJA ?

Temps de lecture : 6 minutes

Dans quelles conditions, par qui et avec quels matériaux ?

La semaine de la fashion revolution week est pour nous l’occasion de décrire le plus précisément possible et avec la plus grande transparence notre chaîne de production, du coton au lacet en passant par la colle et la teinture.
Au-delà de la transparence, l’objectif est aussi de vous faire pénétrer au sein des champs de coton et ateliers artisanaux qui sont des temples de savoir-faire séculaires.

Aux origines de l’aventure

Nous avons, au cours d’un voyage découvert la richesse de plusieurs savoir-faire entre l’Afrique et l’Europe. Ces rencontres au cœur des techniques artisanales ancestrales nous ont guidées vers l’aventure entrepreneuriale d’UMÒJA.
Nous allons directement où se trouvent les savoir-faire, là où des femmes et des hommes passionnés et optimistes perpétuent un savoir-faire traditionnel, naturellement écologique, singulier et durable, patrimoine culturel de l’humanité.

Village dans la région de Koupéla (centre-est) Burkina Faso
Nous faisons du commerce en prenant en compte les personnes qui se trouvent dans la chaine de production. Ces personnes écrasées par une industrie textile tentaculaire sont très souvent oubliées alors qu’elles sont le cœur même de toutes les entreprises.

Qu’est-ce qu’il y a dans les baskets UMÒJA ?

1- Du coton cultivé sans engrais ni insecticides artificiels par des communautés familiales d’agriculteurs.

Le coton que nous utilisons est cultivé au Burkina-Faso uniquement en saison et de manière raisonnée par des petits producteurs indépendants : l’eau de pluie irrigue naturellement les champs.
Depuis une cinquantaine d’année, la famille Sawadogo produit de manière traditionnelle du coton sur les 6 hectares de la concession situés à une centaine de kilomètres de Ouagadougou la capitale du Burkina-Faso. Sur le site, pas d’outil motorisé ni d’utilisation d’intrants phytosanitaires synthétiques. Alors que la culture du coton est aujourd’hui mise au pilori du fait de l’utilisation massive d’eau provenant d’irrigation artificielle, certains producteurs continuent de produire en collaboration avec les éléments de la nature à leur disposition. Les rendements sont au rendez-vous, « nous n’arrivons même pas à écouler toute notre production » nous disait Idrissa le patriarche de la famille. Fait surprenant dans un pays sahélien qui subit de manière radicale les effets des perturbations climatiques.

Champ de coton de la famille Sawadogo
C’est aussi une production variée. Afin de préserver la qualité des sols, et la biodiversité de l’écosystème, le coton est produit 6 mois dans l’année. Ainsi, les champs de la famille Sawadogo sont aussi utilisés pour cultiver des denrées alimentaires, à la fois pour l’autonomie des familles et l’indépendance économique. Sur ces champs poussent également du tamarin, des mangues, du karité. Le coton récolté répond aux critères de l’agriculture biologique mais ne dispose pas pour l’heure de certification. Les certifications étant couteuses, c’est aujourd’hui un luxe dont ne peuvent se permettre nos partenaires. Nous reviendrons dans un prochain article sur la question des certifications biologiques.
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De la droite vers la gauche, les familles Delma, Sawadogo et Dieuveil cofondateur Umòja

2- La transformation du coton en tissu : une filature artisanale.

Une fois le coton récolté, celui-ci est transformé. Dans une démarche constante de réduction de notre impact environnemental, nous avons opté pour une transformation purement artisanale. Dès la sortie du champ, le coton est directement égrené, cardé puis filé à la main par les fileuses du centre Adaja.
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Filature artisanale du fil au centre Adaja
Tout ce processus réalisé par les artisanes du centre de tissage Adaja est artisanal sans blanchiment ni dérivé pétrochimique. Contrairement à la production industrielle, ce processus artisanal de transformation de la fibre en fil est peu gourmand en énergie, n’utilisant ni d’eau ni d’intrants chimiques.

3- La teinture du fil : une teinture exclusivement végétale à base d’écorce, d’argile, de racine, de plantes.

Le coton une fois tissé est teint au sein du centre Adaja au Burkina Faso. Le processus de teinture varie en fonction du textile. C’est dans ce processus que s’exprime la créativité et le savoir-faire des artisan·e·s.
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Teinturerie artisanale du centre Adaja

La teinture est réalisée uniquement à partir de ressources naturelles végétales : écorce, racine, argile, feuilles, boue. Chaque couleur est unique avec des nuances dictées par les saisons et la météo. Ce traitement singulier est le cœur de notre projet : valoriser ces savoir-faire naturellement écologiques, et les personnes qui les font vivre.

4- Le tissage : la transformation du fil en produit semi-fini

L’activité de tissage est le cœur de métier du centre Adaja. Riches d’un savoir-faire d’une cinquantaine d’années, les tisserandes travaillent les fils de coton avec précision et dextérité pour en faire des étoffes au toucher exceptionnel. Elles maîtrisent à la perfection le tissage avec le fil réalisé de manière artisanale pour créer des étoffes d’une grande diversité.
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Tissage du fil de coton

5- L’assemblage de la chaussure au Portugal, l’expertise d’un atelier semi artisanal à taille humaine.

L’assemblage du produit fini est réalisé au Portugal : temple européen de la chaussure. Nous associons ainsi deux savoir-faire traditionnels d’exception : le tissage d’Afrique subsaharienne et la réalisation de chaussures du Portugal. Nous avons choisi de nous baser sur l’expertise et le savoir-faire d’un atelier semi-artisanal à Porto. Jorge, Domingos et Fernando nous accompagnent depuis nos débuts.
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Adélia dans l’atelier de confection de chaussures

Le Portugal nous offre à la fois un savoir-faire de qualité et l’avantage de sourcer localement les éléments essentiels à la fabrication d’une basket : œillets, lacets, colle, semelles. Une manière de garantir la traçabilité des matériaux de nos chaussures.

Notre transparence révèle nos actions, pas nos discours. SloWeAre et Une Autre Mode Est Possible : deux labels garants de la conformité entre nos actions sur le terrain et ce que nous communiquons.
A l’heure du greenwashing, il devient difficile pour le consommateur de distinguer ce qui révèle du discours, des projections, des intentions et des actions. Ainsi, nous nous sommes tournés vers des labels français qui sensibilisent les consommateurs, militent auprès des pouvoirs publics et accompagnent les acteurs de la mode pour la transformer. Ainsi, nous avons obtenu deux certifications qui attestent de la qualité de nos productions, et surtout de la conformité de nos actions sur le terrain avec ce que nous communiquons :
  • SloWeAre délivre son label arès un audit strict de la qualité environnementale des matières et des conditions de fabrication du produit.
  • Une Autre Mode Est Possible garantit l’innovation sociale, économique, environnementale, la valorisation de savoir-faire et des matières.

Un prix équitable ?

Dès le début de cette aventure, nous avons fait le choix et pris le risque d’aller directement au contact de ces femmes, hommes et aussi de la matière. Exercice périlleux dans une industrie aussi nébuleuse que le textile et plus largement la chaussure. Nous sommes ainsi allés là où se cultive le produit brut, se transforme la matière semi-finie et se confectionne le produit fini. Connaître les matières et leur mode de production. Comprendre les personnes qui produisent et les laisser déterminer les prix de vente de leurs matières pour qu’ensemble l’on puisse aller dans la même direction. Tous les prix de nos matières premières sont librement fixés par nos partenaires. Que représente un prix juste ou équitable ? Nous n’avons pour l’heure de définition.
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De gauche vers la droite, Lancine co-fondateur Umòja, Domingos, Helder, Jorge

Parce qu’en coulisses il y a Eliénaï, Idrissa, Elisabeth, Lizeta, Adélia, Maria, Jorge, Domingos, Pedro, Helder, Fernando.

On ne peut tous les citer mais une marque ce n’est pas uniquement un logo, un produit ou des fondateurs, c’est avant tout un orchestre où chaque membre joue de sa partition et devrait mériter de la considération.

Beaucoup reste à faire et nous en sommes conscients. Notre initiative n’est pour l’heure qu’une goûte d’eau dans un fleuve.

En détaillant notre processus de fabrication, nous partageons ce qui nous anime : la valorisation des savoirs faire traditionnels, l’innovation des matières végétales, la transparence d’un modèle économique inclusif et équitable. Aujourd’hui à la croisée des chemins, l’industrie de la mode devrait être plus humaine, inclusive et responsable. Les actrices et acteurs de cette chaîne ont tous de belles histoires à nous raconter.

 

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